Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La psychologie du travail a-t-elle sa place dans le monde des RH?

Connaissance des échanges sociaux pour le bien être au travail

24 Avril 2012 , Rédigé par Marguerite Weber Publié dans #RPS

La prévention des risques psychosociaux est une des missions des cadres de proximité. Mais ils sont le plus souvent démunis devant la complexité des relations humaines.

 

Les relations entre les individus dans le monde du travail sont régies par des codes et des règles implicites et explicites, permettant l'échange social. Il est important de former les cadres de proximité en leur donnant une grille de lecture de ces processus afin qu'ils puissent assurer le bien être dans leur service.

 

La notion d'échange social repose sur l'idée fondamentale de réciprocité à partir de 4 postulats :

  • l'action humaine a pour motivation fondamentale le désir d'obtenir du plaisir et d'éviter la douleur

  • les actions d'autrui peuvent être, à la fois source de plaisir et source de douleur

  • une personne peut, par ses propres actions, obtenir d'autrui des actions qui procurent du plaisir

  • les individus tentent d'obtenir un plaisir maximal à un coût minimal.

 

L'échange social peut être un échange de services, de biens, d'argent, d'informations, de statuts, ou d'amour. Il se fait selon un principe d'équité qui veut que le salarié soit valorisé à sa juste valeur et cela en comparaison de son collègue.

 

L'équité va donner un sentiment de satisfaction, directement lié à la forme équilibrée de l'interaction entre le salarié et le cadre ou, plus globalement, entre le salarié et son entreprise. Un salarié insatisfait se désengagera de son travail.

 

Certains cadres, pas tous, semblent vouloir éviter ce désengagement, par le biais de l’égalité. Le management se résume alors à ne pas faire de différence entre leurs collaborateurs.

  balance-justice

Or, les salariés veulent un traitement juste.Selon les études de Greenberg, le besoin, l’équilibre et l’égalité, représentent dans l’ordre, ce qui parait le plus juste pour les salariés.

  • Le besoin veut que celui qui traverse une période difficile, reçoive davantage.

  • L'équité, basée sur la réciprocité, voudrait que chacun obtienne selon ses besoins et selon son engagement.

  • Alors que l'égalité préconise que tous reçoivent la même chose, quelque soit l’engagement de chacun.

 

Si le salariéadmet recevoir plus qu'il ne donne, il s'engagera davantage dans son travail afin d’équilibrer l'échange. À l'inverse, s'il ne se sent pas reconnu à sa juste valeur, il se désengagera de son travail. Le désengagement est une voie ouverte aux RPS.

 

En se basant sur les expériences de Greenberg (1988), des conditions de travail, perçues positivement par les salariés, apparaissent pour ceux-ci comme des récompenses (avantages en nature). Jouer sur l'environnement de travail peut réduire l'iniquité.

 

La perception de justesse relevée par les employés, à l'égard des décisions prises au sein de leur organisation, dépend non seulement des résultats de ces décisions, mais aussi des procédures adoptées pour arriver à ces décisions. Mais cela sera le sujet d'un prochain article.

 

 

Bibliographie :

Greenberg, J. (1988). Equity and workplace status : A field experiment. Journal of Applied Psychology, 75, 606-613.

http://www.editions-organisation.com/Chapitres/9782708134638/P1_Chap2_Levy.pdf

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article