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La psychologie du travail a-t-elle sa place dans le monde des RH?

Le management s'apprend! (partie 1)

28 Novembre 2012 , Rédigé par Marguerite Weber Publié dans #RH et psychologie

Lors d'une rencontre, un cadre me demanda : « quel est le meilleur type de management ? Comment un manager peut il avoir une quelconque autorité dans une entreprise qui préconise le management participatif ? »

 

J'ai écrit un article simple en deux parties en réponse aux attentes de mon interlocuteur.


La première partie, purement théorique, reprend certaines classifications, en commençant par celle de LIPPITT et WHITE1. Je montre qu'il existe différents styles de management qui peuvent se classer sur une échelle bidirectionnelle qui va du management le plus autoritaire au management du « laisser-faire ».

 

La seconde répond directement aux questions posées en expliquant qu'un manager doit savoir adapter son management en fonction de différents critères tels la situation, les objectifs à atteindre, l'équipe, la nature de l'entreprise..... J'explique qu'un bon recrutement ne se fait pas seulement en fonction du recruté, mais principalement en fonction des objectifs à atteindre et du milieu professionnel dans lequel sera plongé le nouvel arrivant. Je réaffirme également les rôles du psychologue du travail dans l'entreprise.

 

Revenons sur la définition de l’autorité.

 

La seconde question précédemment posée sous-tend l'idée qu'un management participatif affaiblit l'autorité du manager.  Qu'est ce que l'autorité ?

 

Selon le dictionnaire2, l'autorité est le pouvoir de décider et d'imposer ses volontés à autrui.

Mais « être autoritaire » c'est pour le manager la possibilité d’user de toute l’autorité qu’il possède sans qu'il se donne de limites. Ainsi, il bascule dans l'autoritarisme qui est une pratique autoritaire du pouvoir.

 

Pour qu'un manager soit reconnu dans son service, il doit « faire autorité », c'est à dire que ses connaissances et compétences doivent être reconnues par ses collaborateurs. Pour reprendre l’esprit d’Ishikawa3, le manager doit mettre ses compétences et ses connaissances au service de ses collaborateurs. Ceci exclut d’emblée un management autoritaire.

 

Management autoritaire vs management participatif

 

LIPPITT et WHITE4 décrivent trois types de management :

  • le management autoritaire : Le leader prend les décisions seul et il n’appartient pas au groupe.
  • le management démocratique : Les décisions résultent de discussions entre le leader et les membres du groupe. Le leader fait partie intégrante du groupe.
  • le management « laisser-faire » : Le leader précise les objectifs et moyens attribués au groupe, puis reste passif. Le groupe travaille en toute liberté.

 

Likert5, quant à lui, croise deux orientations du management (l'orientation vers la tâche, et l'orientation vers les relations humaines). A partir de ces deux orientations, il analyse l'importance de sept critères : la confiance en ses subordonnés, le système de motivation, la communication, la prise de décision, la fixation des objectifs, la productivité, l'absentéisme et la rotation du personnel, la relation subordonnés/hiérarchie. Il obtient ainsi quatre types de management :

  • le management autoritaire exploiteur,
  • le management autoritaire paternaliste,
  • le management consultatif,
  • le management participatif.

 

D'autres chercheurs, tels Mayo, Douglas McGregor, Lorsch et Lawrence, Vroom & Yetton, Fieldler, Mintzberg, etc..., ont travaillé sur d'autres classifications mais elles ont toutes décrites des managements que nous pouvons positionner sur une échelle qui va du management autoritaire vers un management du « laisser-faire » en passant par un management participatif.

 

D'autres types de management, tel le Lean Management (qui est souvent considéré comme une simple boite à outil), ont vu le jour. Il prône la flexibilité des salariés pour éliminer les gaspillages de tous genres (la surproduction, les attentes, les rebuts-retouches / corrections, les gammes et processus opératoires mal adaptés, les transports / ruptures de flux, les mouvements inutiles et les stocks productifs ou administratifs). Il est souvent comparé au taylorisme. Ils rejoignent pour la plupart le management autoritaire.

A l'opposé, le « management agile » rejoint le management « laisser-faire ». Il laisse les équipes autonomes. Basé sur la motivation propre du salarié, il développe l'intelligence collective par l'échange maximum des informations.

 

Le management autoritaire ne prend pas en compte l'avis des collaborateurs et il partage le minimum d'informations. Le manager agit de manière directive (il donne des ordres). Des études en psychologie sociale (Lippitt et White) ont démontré que le style autoritaire est productif à court terme, mais que les subordonnés réagissent mal quand ils sont confrontés à une menace, et ne travaillent plus quand le chef s'en va.

 

Le management participatif, quant à lui, donne la parole à tous et la décision est prise à partir d'une réflexion commune. Il ouvre la voie de l'innovation et motive les salariés qui sont entendus par leur hiérarchie et leurs avis sont pris en considération. Il est productif à long terme et assure la pérennité de l'entreprise.

 

Le management partipatif semble être le management idéal.

 

Pourtant, la mode actuelle qui est au néo-management, est décriée par P. Ariès6. Ce management particpatif libérera-t-il les salariés de l'autoritarisme ou sera-t-il l’annihilation de la liberté du salarié ?

 

1Lippitt R. & R. White (1978), « Une étude expérimentale du commandement et de la vie des groupes », dans Levy A., Psychologie sociale, tome 1, Paris, Éditions Dunod.
2http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/autorit%C3%A9
3 Ishikawa, K. (1984).Le TQC ou la qualité à la japonaise , Paris : AFNOR GESTION.
4Lippitt R. & R. White (1978), « Une étude expérimentale du commandement et de la vie des groupes », dans Levy A., Psychologie sociale, tome 1, Paris, Éditions Dunod.
5Likert, R., New patterns of management, New-York: McGraw Hill, 1961.
6 http://oloron.blogspot.fr/2010/03/paul-aries-et-le-neo-management.html

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Charles 15/01/2014 17:30

Complètement d'accord, le management participatif est la clé du succés. Il est bien fini le temps ou on trouvait le chef et les subalternes! Aujourd'hui, il faut impliquer ses collaborateurs dans l'entreprise en les invitant à s'exprimer. C'est ca un bon manager, celui qui met tout le monde sur un pied d'égalité. Le respect se gagne avec la qualité du travail, et seulement ca .

zygler 29/11/2012 22:37


Article intéressant car il ouvre le débat sur la société et les entreprises.


D'un côté on se rend compte que le management s'oriente vers l'autoritarisme dans une société qui est censée être une démocrartie.


L'entreprise actuelle est elle l'antichambre du modèle de société de l'avenir ? QUELLE HORREUR !