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La psychologie du travail a-t-elle sa place dans le monde des RH?

RPS : particularité de la prévention secondaire

15 Juin 2012 , Rédigé par Marguerite Weber Publié dans #RPS

Suite à différentes interventions sur les réseaux sociaux, j’ai voulu rappeler un point essentiel à mes yeux.

 

Comme, vous le savez, il existe différents niveaux de prévention : primaire, secondaire et tertiaire. Je vous renvoie à mon article sur ce sujet (RPS: 3 niveaux de prévention).

 

La prévention primaire, voire supra primaire est capitale, mais difficile à mettre en œuvre. Elle nécessite de modifier les valeurs d'une société. Société, rappelons le, qui banalise le harcèlement dès le plus jeune âge à l'école. Cette prévention, qui s'inscrit dans la durée, ne voit apparaître ses effets positifs que très tardivement. De ce fait, elle est vite « placardisée » une fois mise en place, rendant les interventions ultérieures impossibles tant les individus deviennent désabusés.

 

La prévention tertiaire est malheureusement inévitable : il faut soutenir les victimes, les aider à se reconstruire, long combat qui dure souvent des années. Parfois, cette reconstruction reste un échec. Cet échec est dû le plus souvent à un mauvais diagnostic des causes du harcèlement.

 

J'en arrive ainsi à la prévention secondaire. Vous ne pouvez mettre une bonne prévention en place si vous n'avez pas diagnostiqué les causes susceptibles de créer un harcèlement au sein de votre entreprise.

Cette évidence, qui existe pour les risques en général, semble incomprise dans le cas de harcèlement. Ceci s'explique tout simplement par le fait que les individus méconnaissent les différents types de harceleurs potentiels. Ils ne se résument pas à des pervers narcissiques.

 

Les chiffres exacts sont impossibles à trouver du fait des non dits. Mais mon expérience de 13 ans sur le sujet et les témoignages que j'ai obtenu de harceleurs et de victimes m’amène à constater qu'à la fin des années 90, la majorité des harceleurs étaient des pervers et ils sont devenus actuellement minoritaires. Je rejoins totalement Dejours quand il affirme que le harceleur peut être "monsieur et madame tout le monde", donc vous et moi.

 

Il y a deux voies pour approcher le diagnostic des situations de harcèlement :

  • soit la voie personnologique, qui met en cause les caractéristiques individuelles des protagonistes. C'est la voie la plus explorée depuis Hirigoyen. En effet, elle semble permettre la mise en place d'une prévention tertiaire plus rapide, mais surtout plus déculpabilisante pour le top management.

  • soit la voie situationniste, choisie en particulier par Dejours et De Gaulejac. Cette voie remet en cause les valeurs sociétales telle la recherche de l'excellence, qui va de pair avec une baisse de la solidarité. Elle ouvre la voie à la prévention primaire.

 

Sur le terrain, ces deux voies sont intimement liées. Leur analyse commune permet de mettre en place une prévention secondaire. Cette prévention a pour finalité réelle (mais non unique) que vous et moi, madame et monsieur tout le monde, ne devenions pas harceleurs un jour. Elle se concentre sur deux points :

  • les organisations pathogènes

  • les comportements pathogènes.

 

Seul un état des lieux précis, fait par un spécialiste, permettra de mettre en place une prévention adaptée (accompagnements, conseils, aide aux changements, formations, ….). Mais encore faut-il que ce spécialiste ait toute latitude pour intervenir, donc une totale confiance de la part des partenaires sociaux et des salariés.

 

 

Retrouvez également cet article sur Diogena Conseil.

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