Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
La psychologie du travail a-t-elle sa place dans le monde des RH?

Les théories de l’engagement :

Au delà, de l'acte par lequel l'individu s'engage à faire quelque chose, l'engagement est le lien qui existe entre l'individu et ses actes.

Depuis une cinquantaine d’années, les psychologues sociaux s'intéressent à la question de l’engagement. Kiesler en 1971 s'est penché le premier sur cette idée. Les théories issues de ce concept ont été négligées pendant de nombreuses années. Elles reviennent dans les travaux de JOULE et BEAUVOIS en 1987 et en 1998, qui publient un ouvrage largement médiatisé : « La soumission librement consentie ».

 

On peut déterminer un certain nombre de facteurs susceptibles de permettre d’augmenter le taux d’engagement d’un individu. Parmi ces facteurs, il y a le degré de liberté (ou de choix) perçu par le sujet en émettant un acte. Ainsi, plus un individu émettrait un comportement dans un contexte de liberté, plus il serait susceptible d’être engagé par ce comportement. C’est-à-dire que dans un tel contexte, l’individu renforcerait le lien qu’il pourrait percevoir entre lui-même et le comportement en question L'individu accomplit un acte, lorsque cet individu est engagé, cela signifie qu'il s'assimile à cet acte, qu'il le fait sien.

 

Ainsi, cet engagement dans un acte va le conduire à faire des actes beaucoup plus coûteux. Cela va également amener un renforcement des attitudes. L’engagement nécessite un acte. Le niveau d’engagement varie selon :

  • Le sentiment de liberté perçue par le sujet dans la production de son comportement : Pour que le sujet perçoive le lien qu'il y a entre lui et son acte, il faut que l'accomplissement de cet acte s'accompagne d'un sentiment de liberté de choix ou de décision de sa part. Ainsi, si le comportement est obtenu par pression externe (par exemple, une convocation), le sujet expliquera son acte par cette pression et non par une cause interne relevant de sa motivation personnelle.
  • Le caractère public de l'engagement : Un comportement est d'autant plus engageant qu'il est émis en public et que sa signification est claire tant pour celui qui le produit que pour celui qui l'observe.
  • Le nombre d’actes engageants : La probabilité d'émettre un comportement est d'autant plus importante que ce même comportement a déjà été émis au préalable. On aurait donc des difficultés à nier ou à ne pas refaire ce que nous avons déjà accompli par le passé. Pour engager quelqu'un, il convient de lui faire accomplir plusieurs comportements.
  • Le caractère irrévocable de l'engagement : Le fait d'accomplir l'acte rend difficile toute possibilité de revenir en arrière. Ce qui rend également difficile de contester cet engagement.
  • L 'importance du comportement pour le sujet : Un comportement est d'autant plus engageant qu'il a de l'importance pour le sujet parce qu'il vise quelque chose auquel le sujet croit et qu'il lui permet d'obtenir des avantages.

 

Les travaux sur l'engagement donnent des effets incontestables. En effet, c'est une des rares théories en psychologie sociale qui donne autant de certitude. Des applications nombreuses ont été développées, au niveau de la sécurité routière, dans les établissements de soin pour améliorer l'économie d'énergie et chez EDF pour lutter contre les accidents du travail par exemple.

 

Bibliographie :

· Castra, D., Théorie de l’engagement et insertion professionnelle. Connexions 65, 159–176, 1995.

· Castra, D., Pascual, A., L’insertion professionnelle des publics précaires : une alternative au recrutement concurrentiel. Revue Européenne de Psychologie Appliquée 53 (3-4), 167–178, 2004.

· Pascual, D. Castra, N. Guéguen, L’impact des conditions de choix d’un emploi sur l’insertion professionnelle de publics « précaires » : une application de la théorie de l’engagement Psychologie du travail et des organisations 12 (2006) 21–28.

· Joule et Beauvois, La soumission librement consentie, PUF, février 2005

Partager cette page

Repost 0