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La psychologie du travail a-t-elle sa place dans le monde des RH?

Validation de la théorie de co-variance par Mc Arthur (1972)

Mc Arthur, en 1972, propose une validation expérimentale des propositions de base de la théorie de la co-variance de Kelley. Il élabore huit scenarii croisant ces trois variables à deux modalités que sont : une distinctivité forte (D+) ou faible (D-), une consistance forte (CT+) ou faible (CT-) et un consensus fort (CS+) ou faible (CS-). Il recherchait quelle combinaison entre la distinctivité, la consistance et le consensus amenait à une explication d'une attribution en faveur de l'acteur, du stimulus ou des circonstances.

 

Pour cela, il propose à des étudiants un des huit scenarii composés à partir de l'amorce « le comédien fait rire John » et du croisement des six assertions suivantes :

  • distinctivité forte :« presque aucun autre comédien ne fait rire John »

  • distinctivité faible : « presque tous les comédiens font rire John »

  • consistance forte : « dans le passé, ce comédien a presque toujours fait rire John »

  • consistance faible : « dans le passé, ce comédien n'a presque jamais fait rire John ».

  • consensus fort : « presque tous ceux qui entendent ce comédien ont ri »

  • consensus faible : « presque personne d'autre qui entend ce comédien n' a ri »

Il obtient ainsi, le scenario (D-, CT+, CS-) suivant : « le comédien fait rire John. Presque personne d'autre qui entend ce comédien n'a ri. Presque tous les comédiens font rire John. Dans le passé, ce comédien a presque toujours fait rire John ». Il obtient de la même manière le scenario (D+, CT-, CS+) : « Le comédien fait rire John. Presque aucun autre comédien ne fait rire John. Dans le passé, ce comédien n'a presque jamais fait rire John. Presque tous ceux qui entendent ce comédien ont ri  ».

 

Puis par une analyse de la variance, il démontre :

  • qu'une configuration en faible distinctivité, forte consistance et faible consensus (D-, CT+, CS-) conduit à une attribution d’une cause du côté de l'acteur (e.g.,John) et cela bien plus qu'une configuration avec une haute distinctivité, une faible consistance et un haut consensus (D+, CT-, CS+). La distinctivité est l'information la plus importante pour l'individu quand il attribue une cause, puis c'est la consistance de l'événement qui importe. L'information sur le consensus a l'effet le moins important sur l'analyse du sujet pour attribuer les causes.

  • De même, une configuration de forte distinctivité, forte consistance et fort consensus (D+, CT+, CS+) conduit à des attributions au stimulus (e.g., le comédien) et cela bien plus qu'une configuration avec une distinctivité basse, une consistance basse et un bas consensus (D-, CT-, CS-). Dans ce cas de figure aussi, l'information la plus importante, pour le sujet lors de son analyse, est d'abord la distinctivité puis la consistance et enfin le consensus.

  • Les sujets attribuaient les causes aux circonstances quand la consistance est faible (CT-) et cela bien plus que si la consistance est forte (CT+). Le consensus n'a apparemment pas d'influence significative quant à l'attribution de la cause aux circonstances. L'information la plus importante, pour les sujets pour attribuer la cause aux circonstances, est ici la consistance puis la distinctivité.

 

Il remarque également l'influence modératrice d'une faible consistance (CT-) sur l'association consensus/distinctivité que ce soit dans l'attribution causale au stimulus ou à la personne.

La tendance d'un consensus faible (CS-) de produire une fréquence d'attribution à l'acteur est supérieure à un consensus fort (CS+), mais est diminuée par la présence dans le scenario d'une distinctivité forte (D+). De même, la tendance de produire une attribution au stimulus d'un consensus fort (CS+) est supérieure à celle d'un consensus faible (CS-) en présence d'une distinctivité faible (D-).

 

BIBLIOGRAPHIE

KARSENTY, L.( 1996/2), Une définition psychologique de l'explication, Intellectica, 23, 327-345

Kelley, H.H.(1973), The Processes of Causal Attribution, Américan Psychologist, 107-128.

Kelley, H. H., Michela, J. L. (1980). Attribution theory and research. Annual Review of Psychology 31: 457-501

McArthur, L. A.(1972), The how and what of why: Some determinants and consequences of causal attribution, Journal of Personality and Social Psychology, 22(2), 171-193

Orvis, B.R., Cunningham, J.D. &. Kelley,H.H. (1978) A Closer Examination of Causal Inference: The Roles of Consensus, Distinctiveness, and Consistency Information,Journal ol Personality and Social Psychology,32 (4), 605-616. 

Scheidegger R. (2008). Justification du système économique et perception du travail en groupe. Thèse, Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Lausanne.

Wimer, S. & Kelley, H.H. (1982). An Investigation of the Dimensions of Causal Attribution, Journal of Personality and Social Psychology, 43 (6), 1142-1162.

 

Weber Marguerite (14/01/11)

(mémoire partie 4)

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