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La psychologie du travail a-t-elle sa place dans le monde des RH?

Reconnaissance : un leurre?

Je sors du cinéma. Je viens de voir « Stars 80 » avec Richard Enconina, Patrick Timsit et surtout plusieurs chanteurs stars des années 80.

 

Parmi les nombreux refrains nostalgiques entendus, un ne cesse de me hanter : « Sachez qu'à travers vous, c'est moi que j'aime........ » (Jean Schultheis, Confidences pour confidences, http://www.youtube.com/watch?v=V8M9EpKPSfY).

 

Cette chanson m'a amenée à la réflexion suivante : Nous attendons de l'autre qu'il nous renvoie non pas une image positive de nous, ni une image réelle, mais bien l'image subjective que nous avons de nous même. La reconnaissance, me semble-t-il, n'a alors de valeur qu'en fonction de l'image que l'on a de soi. Ce que nous recherchons dans le regard de l'autre n'est rien d'autre que la confirmation de ce que nous voulons/espérons être.

 

Mes propos vont dans le sens inverse des concepts habituels de la reconnaissance.

 

Ainsi, Sainsaulieu1 exprime l'idée que la reconnaissance des autres construit notre identité personnelle. Pourtant, cette reconnaissance, bien que nécessaire, n'est pas accordée d'emblée. Elle nécessite un jeu de forces sociales pour être acquise.

 

Honneth2, philosophe et sociologue allemand, conceptualise la reconnaissance au travail en trois niveaux :

  • la reconnaissance amoureuse : représente la reconnaissance issue des rapports interpersonnels de proximité (sphère sociale proche : amicale, amoureuse, familiale) qui forme le socle de la confiance en soi.

  • la reconnaissance légale : repose sur le droit et les notions de réciprocité entre droits et devoirs.

  • la reconnaissance culturelle : est symbolisée par la valeur-travail

 

Les individus veulent être reconnus à différents niveaux. Ils veulent que leur existence en tant qu'individu (et non en tant qu'objet) soit reconnue. Ils veulent également être reconnus par la pratique de leur métier, l'investissement qu'il fournissent dans l’entreprise, mais aussi reconnus sur leurs résultats.

Ils veulent être reconnus par leurs pairs, leur hiérarchie, mais également par l'organisation elle même et les clients (Brun et Dugas3)

 

Nous tentons désespérément de croire que la valeur-travail nous permettra d'avoir une valeur, une identité personnelle.


Se pose alors la compréhension du mal être des sans-emploi (entendre demandeur d'emploi) qui ne peuvent connaître cette « reconnaissance » due à la valeur travail.

 

Ce besoin de reconnaissance est peut être un leurre. Il faut que nous apprenions alors à nous réinvestir d'autres valeurs, tel le don de soi, le respect, …....

 

Et vous, que recherchez vous comme reconnaissance ? Quelle est votre définition de la reconnaissance ?

La reconnaissance serait elle une utopie ?

 

 

1Sainsaulieu, R., (1977), L'identité au travail, Presses de la FNSP, Paris.

2 Honneth, A.,(2010) La lutte pour la reconnaissance, Cerf, Paris.

3Brun, J.P., & Dugas N.(2005), La reconnaissance au travail : analyse d'un concept riche de sens, Gestion, vol.30, n°2.


Marguerite Weber (07/11/2012)

 

 

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